Editos

Autonomistes, ennemis d’état

Autonomistes, ennemis d’état

Nous ne pouvons pas renoncer à parler de ce que nous avons vu et entendu
(Bible actes 4:20)

Nous vivons des moments intenses et difficiles, entre des élections locales hors partis, vestige d’une démocratie molle, confuse, et une fragilité systémique révélée par un micro virus planétaire.

Les plus idiots, les plus avides et les plus politiques, veulent profiter de cette panique pour asseoir ou rasseoir leurs laïus clientélistes (faute à la  mondialisation, au capitalisme, à la pollution, aux riches…).

En plus du temps qui nous est donné, certains sautent sur ce prétexte gigantesque pour convaincre. Il y a de quoi s’occuper à les lire ; philosophes et  journalistes,  écrivains et plumitifs, blogueurs et  youtubeurs,  mais aussi entendre (de loin) les éternels pleurnichards et profiteurs professionnels. La critique est souvent irresponsable, quand elle ne propose aucune alternative crédible.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » (Bossuet).

Au niveau de mon petit village de Provence, certains adorent me dénoncer comme « néo libéral » ou « capitaliste », sans qu’ils ne sachent vraiment à quoi correspondent ces termes. Lorsqu’on va vers l’origine de la cause, on est obligé de conclure que c’est le capital issu du travail qui pourvoit à la moindre subvention sociale payée par l’Etat, c’est-à-dire nous les contribuables. La redistribution c’est une forme de capitalisme… si ce n’est de dictature. Nous savons que l’Administration est incapable de gérer des entreprises nationalisées. Nous constatons qu’elle est incapable de bien répartir les moyens (impôts) en fonction des besoins (hôpitaux, écoles, sécurité).

Je suis considéré comme « lanceur d’alerte ». Ce n’est pas un métier, ni une vocation, mais une simple observation d’un dysfonctionnement important qui pénalise l’intérêt général. J’essaie d’être le plus neutre possible et de ne m’attacher qu’aux faits, aux lois et règles. Depuis bien longtemps, je n’ai aucune propension à la politique partisane, je m’attache à être réaliste et pragmatique, je me méfie de l’idéalisme et de l’idéologie. Comme dans mon métier de négociateur, la preuve (proposition de valeur) et le benchmark (comparaison) sont pour moi l’essentiel du raisonnement. Ma satisfaction réside dans le but à atteindre et l’authentification de la cause.

Finkielkraut a écrit : « Un nouvel ordre moral s’est abattu sur la vie de l’esprit. Pour cesser de favoriser les favorisés et lutter contre l’ordre établi on abolit la distinction de la culture et de l’inculture ».

Quelques habitants de mon village, assez représentatifs du mental français, conceptualisent un comportement grégaire d’autodéfense. Ils craignent sans l’exprimer le « basculement » de l’autochtonie dans l’envahissement néo rural. Un exode urbain (accéléré par l’épidémie) succédant à un exode rural.

Ces villageois s’appuient sur un projet anarchiste  qui s’exonère de tout pouvoir, par un système utopique d’autogestion et de fédéralisme. Ils prêchent la « démocratie directe » ou « l’économie participative » par un « mandat impératif » (liste élargie décisionnaire). La Constitution interdit ce mandat.  La souveraineté populaire de Rousseau contre la souveraineté nationale.

Nous pourrions comprendre cette forme d’indigénisme, si tout en s’attaquant frontalement à l’universalisme républicain, elle n’était quémandeuse de fonds publics pour concrétiser un autonomisme boboïste. Une aumône assortie d’une accumulation d’incompétences.

La propagande paysanne critique parfois la colonisation de la Palestine, tout en monopolisant « ses terres » par des constructions « communales », en fait des biens publics pour écarter les « estrangers ».

L’intercommunalité emboite le pas en transformant ses budgets de fonctionnement en budgets d’investissement, pour devenir promoteurs immobiliers et gérants de revenus locatifs.

Cette subversion autonomiste, loin du pouvoir central, est inquiétante.

Sous couvert d’action sociale, les collectivités dérégulent le marché immobilier. Elles substituent le logement colonisateur aux avantages sociaux (APL…). Certes, l’offre est inférieure à la demande, mais la quantité n’est pas la qualité (voir article ci-joint). C’est le revenu (problème du niveau de vie) qui doit répondre aux besoins, et non, sans cesse, l’étatisation des besoins.

Je prétends, haut et fort, que la ruralité c’est comme le chômage, c’est la cause qui doit être appréhendée, et non la conséquence. Les indemnités de chômage ne créent pas d’emplois. Le budget consacré au logement social pourrait être investi dans des activités nouvelles, pérennisant mieux  la vie des sédentaires terriens.

« Laissez-moi fuir la menteuse et criminelle illusion du bonheur. Donnez-moi du travail, de la fatigue, de la douleur et de l’enthousiasme » George Sand.

Les élus locaux sont trop dans le courtermisme et la procrastination électoralistes. Leur thérapie est immuable et transforme le travailleur nécessiteux en objet inutile sur la trajectoire de l’évolution. Le discours autonomiste veut éloigner l’investisseur privé au bénéfice de l’investisseur public captif.

La maltraitance de la société par la soumission des institutions est visible également dans le traitement du divorce.

Le législateur a formaté la vie de couple, sous le prétexte d’abord de le dissocier des influences religieuses (laïcité). L’histoire mouvementée du mariage et du divorce montre la préhension étatique sur une passion intime. Tantôt sacrement, tantôt contrat civil (Révolution), la justice du divorce l’a transformé en exutoire des « passions tristes ». L’arbitraire supplante la barémisation de l’open data.

L’addiction d’indépendance et de souveraineté de la magistrature relève aussi de l’autonomisme. La fragilité des « appréciations » face à la société moderne et à ses mœurs démontre une attitude défensive éphémère. Deux grands ministres (Dati et Taubira) ont commencé à aiguiller cette « souveraineté » subversive, en oubliant toutefois un passé judiciaire barbarisé dont émerge une inégalité devant la temporalité de la loi.

En créant le Pacs, en 1999, le Législateur a discriminé les mariés de l’Etat des années précédentes. Coupable, cinq ans après (2004), il promulguait une loi de révision des conséquences du divorce (rente)…d’avant 2000. Cette loi a fait l’objet de débats sans fin, liés souvent à la droitisation religieuse et à la gauchisation progressiste. Il n’y a pas d’égalité entre les conséquences de rupture du Pacs et du mariage. Par « principe de précaution », les français l’ont bien compris puisqu’ils se pacsent de plus en plus. La « révision » légale est floue et léonine. L’article 4 oblige le juge civil à juger, même si le texte de la loi n’est pas précis et explicite. Mais « l’interprétation » qui fait prévaloir l’esprit sur le texte doit s’obliger à « découvrir la volonté du Législateur ».

Guy Benon
Syndicat des victimes de l’autonomisme. victimesautonomisme@gmail.com

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