Editos

L’argent des autres

L’argent des autres

« Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde »
Frédéric Bastiat

Lorsque nous côtoyons des étrangers, nous, les français, devons bien reconnaître que nous sommes, non seulement arrogants, mais aussi fortement jaloux et frustrés.
Quand on connaît la Scandinavie, les Pays-Bas ou les Etats-Unis, on se rend  compte, à leur différence, que le français moyen ne supporte pas la réussite des autres, il ne la comprend pas et devient soupçonneux. L’ego français n’accepte pas que la réussite du travail, du courage, de l’intelligence, puisse reléguer son statisme, ou simplement son déclassement.

Les autochtones sédentaires de ma Provence « adoptive » sont dans cette lignée. A travers l’olivier ou le figuier, ils nous scrutent, citadins en retraite ou en télétravail, débarquant avec  moyens et  idées extraterrestres. Comme les indiens, ils se sentent menacés dans leur culture contemplative.

Pourtant, bien sûr, dans mon département dépeuplé, il y a des femmes et des hommes brillants, entreprenants, ayant de belles réussite (L’Occitane), des artistes, des intellectuels. Ce sont souvent des nomades, ils connaissent le monde entier. Les autres se regroupent et s’isolent de cet activisme qui les complexe et dans lequel ils ne se sentent pas capables de s’intégrer.

Pour relier, encore une fois, cette observation à celle du divorce judiciaire, je dirais que j’ai la conviction que ces phénomènes sociétaux sont le fait originel du machiavélisme de « la crasse bureaucratique ». L’homme politique, à tous les niveaux, a un instinct de survie à hauteur de ses grands privilèges. Il ne veut pas s’inscrire dans le mécanisme de la réalité universelle. Son marché c’est l’électeur, la subordination est réciproque, au prétexte de la démocratie.

Les élus politiques poursuivent des buts extrinsèques tels que la possession, le pouvoir et le statut, plutôt que des buts intrinsèques tels que le développement personnel tourné vers l’émancipation des moins favorisés. Le politicien a besoin d’exercer une domination afin de minimiser le pouvoir des autres, perçus comme menaçants. Ils fait adopter sa propre morale (ou idéologie) souvent au dépend de la loi. L’enfumage subventionnel est régressant.

Après une vie professionnelle quasi clanique, sacerdotale, j’ai découvert, à la retraite, une « vie civique » commedia dell’arte, totalement éloignée de la vérité, de la rigueur et surtout du pragmatisme. L’élu local est un poseur de rustines, boutiquier d’égalitarisme et de bigoteries infantilisantes  Il subventionne des associations factices pour salarier des illuminés woodstockiens, incapables d’être dans le monde actif, et dépendant de lui.

De toutes mes lectures et expériences, j’ai appris que c’est l’homme qui doit maitriser les systèmes et non l’inverse. Dans les années 60, mon père était épicier, avec un comptoir le séparant de ses clients. Très vite il a compris que l’avenir se situait dans le supermarché, et ensuite dans le regroupement et la synergie des économies d’échelle.
Tout cela a conduit à une immense effervescence économique, en créant des emplois très qualifiés, de la recherche marketing et surtout la satisfaction du consommateur à qui s’offraient le choix et des prix qui baissaient. L’industrie a du s’adapter pour vendre ses produits aux imposants distributeurs.

Le producteur, l’agriculture, s’est laissé phagocyter par la politique et l’Etat. Par intérêt électoraliste et je ne sais quelle bonne ou mauvaise raison, on a pouponné les gens des campagnes. L’Etat corrupteur a ôté le producteur-agriculteur à la concurrence du marché, aux bienfaits de celle-ci. Affaiblie structurellement et intellectuellement (esprit inventif et combatif face aux concurrents) l’agriculture ne sait plus vivre de son seul travail. C’est le contribuable citadin qui l’entretient.

L’agriculture fonctionnarisée ne représente plus que 2% du PIB national, elle survit avec des subventions depuis la fin de la dernière guerre. Sans ces subventions, 89% des exploitations agricoles seraient en situation de faillite. Le revenu moyen de l’exploitant y est équivalent à celui d’un employé de rayon en supermarché.

L’Etat veut s’occuper de tout, et le français moyen attend tout de l’Etat. Résultat : ce que nous avons vu dans les hôpitaux avec la pandémie. Notre pays consacre l’un des budgets les plus conséquents en matière de santé, et pourtant çà a été la pagaille, la pénurie de masques, d’appareils respiratoires et… de personnel….très mal payé. La bureaucratie (soviétisante) bouffe l’efficacité : 34% des emplois en hôpital en France, contre 22% en Allemagne, dont le système « privé » a permis de bien gérer la crise sanitaire.

Voilà le point de jonction avec l’idéologie étatique judiciaire. Les juges du divorce, souvent des femmes divorcées, donc en conflit d’intérêt par rapport aux hommes qu’elles sanctionnent, s’emploient de la même manière que l’Etat avec le monde rural et l’univers hospitalier.

L’Etat veut s’occuper de tout, il veut avoir la main mise sur l’intimité même de ses citoyens. Le mariage a été longtemps un sacrement religieux. Lors de la séparation de l’église et de l’état, les républicains-révolutionnaires ont voulu « récupérer » cette institution dans leur affrontement avec la religion. Le divorce présenté comme une liberté à ce moment est devenu le substitut de l’inquisition.

En dehors du côté « voyeur » ou d’emprise égotique de la Justice, et  après l’exclamation présidentielle : « un pognon de dingue pour les dépenses sociales« , on ne peut pas écarter le prolongement :
« Je te refile le bébé » !!
En effet, malgré la loi (2004-2015), dont : « le divorce met fin au devoir de secours », la Justice inquisitoriale force le divorcé débiteur à subvenir aux « besoins » de son ex… au profit de la solidarité nationale. Celle-ci se défausse en faisant payer le débiteur de la rente prestation compensatoire A SA PLACE !

La solidarité nationale s’oblige institutionnellement à aider tout citoyen dans le besoin. C’est l’état qui a imposé le mariage civil, c’est lui qui est responsable des conséquences d’une rupture qui n’est pas évoquée dans ce contrat. En maintenant le crédirentier dans l’assistanat et l’oisiveté, l’état pervertit l’avenir de celui-ci.
« Détruire la liberté d’agir, c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme » F Bastiat

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